Pour feter le héros du lieu.
Le Chua amène l'eau de bouddha.
Les grand-mères suivent
Puis, les soldats.













En ces temps troublés d'incertitude politique, il convient de rafraichir les mémoires et d'éviter le pis-aller aux urnes.
Au travers le monde, des idées représentent une culture, véhiculent l'image que l'on se fait d'un pays. En France, c'est toujours Liberté, Egalité, Fraternité.
Oserai-je préciser? ajouter Réciprocité?
La réciprocité est le moteur nodal de ces grands concepts français.
La Liberté c'est réciproque, l'égalité pareil! et fraternité. La réciproque est la condition sine qua non aux idéaux de Liberté, Egalité, Fraternité.
Comment définir la réciprocité?
Elle est un effort mutuel, un effort avec l'autre. On a, en général, pas l'accord social, tant que subsiste le manque de liberté, égalité, fraternité.
La réciprocité c'est relatif! à quoi?
A la violence. Pour etre effective, c'est-à-dire égale, la réciproque doit créer un espace social d'équilibre. Cet équilibre n'est permis que par une éthique de la violence. Cette dernière sereine est un facteur d'équilibre. Il s'agit de considérer une légitimité à la violence. C'est un droit.
Spécialement dans un climat de déséquilibre ou équivalent à un coma social, la violence est nécessaire.
Elle doit s'exprimer avec gentillesse, les idées claires et la pensée justifiée.
Dans ce cas, la violence se révèle etre un acte civique, une prise de position saine au sein de la société. Une conscience politique. C'est bientôt le temps du 'a voté'.
Votez blanc est un acte civique violent... au point que celui-ci n'a jamais été pris en compte ( au sens propre du décompte des voix électorales ). Refuser c'est avoir le pouvoir potentiel de dire oui. Votez faute de mieux, par pis-aller: c'est dire oui par la négative; c'est faire abstraction de ses devoirs civiques; c'est s'en remettre à une politique de l'autruche la tete dans le trou pour arguer d'une puissante métaphore.
Votez blanc est un droit civique. La violence civique est ici, saine parce que révélatrice d'un état de fait. C'est une idée difficile à recevoir mais qu'est-ce que se faire violence? si ce n'est avoir la volonté?
La volonté d'exorciser une mauvaise conscience, un désaccord avec soi.
Se faire violence c'est etre gentil avec soi. A partir de là on peut l'etre avec les autres et redorer une réciprocité dans les relations. C'est beau! Il faut etre gentil!
C'est un peu: avec un sourire le monde te sourira, ah! ça ira!
Aux Etats-Unis, c'est le meme concept de liberté, d'égalité et de fraternité avec Mickey.
Mickey gère la violence en toute réciprocité mais pour lui tout seul en grand manichéen qu'il est! Les rapports sont noir ou blanc, bien ou mal, exclure pour le bien, soigner le mal: envoyer des bombes et l'instant d'après des sparadraps pour panser les plaies.
Pensez les plaies!
Il y avait une citation d'André Breton qui disait à peu près: si vous avez du plomb dans la tete, fondez-le pour en faire de l'or surréaliste.
Arno Baude



-" Il fait frais de tabernac'! ".
J'aborderai aujourd'hui un sujet qui ne fache pas: le québecois. Pour respecter l'anonymat du protagoniste, j'emploierai le pseudonyme du ' taiwainais '.
Le québecois dit ' de Taiwan ' n'a pas peur de préparer un barbecue à 21h30, sous prétexte d'en avoir acheté un à 3 dollars, l'après-midi. Pour lui c'est l'fun.
Il est, en général, très désireux de ne pas attendre la St Laurent avant de s'activer et dans ce cas précis, souhaitait vivement tester l'ergonomie du barbecue au caisson minable et au grill fragile; enfin je suppose, eu égard à la simplicité déconcertante du matériel; il faut etre motivé pour investir dans une confection pareille; une facture loin de celle américaine des BBQ qui font rever plus d'une famille française en Aout: du matos coréen ultra-basique sans pied, sans attaches pour ustensiles, sans reposoir pour les ingrédients...
Pourtant il l'a acheté.
Un québécois n'est pas français et ne s'assoupit guère dans le songe américain d'un idéal BBQ possible mais inaccessible ou vice versa.
' Le taiwanais ' est allé au bout de l'idée cash! parce que c'est l'fun!
Là au supermarché, il y avait un barbecue à peine usiné, il l'a pris en disant à bobonne:
-" Ce soir, barbecue! ".
Donc muni de sa femme et du matos de fer blanc, il s'est lancé à corps perdu dans les brochettes de boeuf et de poulet tandis que Bébel Bruce confectionnait un bouquet de roses, achetées la veille au marché de nuit, sieu thi hoa. Mi-martial, mi-burlesque, il coupait les tiges en biais avec le tranchant de sa main-Bruce.
Les "watawatawata" qu'il distribuait aux fleurs interpellèrent l'assistance mais celle-ci témoin du geste dextre retourna s'affairer aux bières.
' Le taiwanais ' était super joasse et en décapsulait toutes marques confondues.
-" Merde, je vais manquer de vases " dit soudain Bébel Bruce après avoir couper une trentaine de fleurs...
-" Qu'importe! prends celui-ci " répondit le gars dit 'de Taiwan ' en lui en tendant un, ultra-kitsch, aux reflets roses d'une romance d'automne.
-" Je l'ai acheté près des glissades ".
Les glissades sont le water-park d'Hanoi, le cong vien nuoc que je vois de chez moi... et il m'a fallu un éclaircissement pour comprendre de où il voulait parler.
-" C'est quétaine mais ma femme adore! " ajouta-t-il en causant du vase.
Les québecois sont comme ça. Directs, ils donnent un vase, il passe l'info. Ils ne disent pas:
-" c'est moche! c'est laid! c'est kitsch! ", simplement: " c'est quétaine! ". Il y a un mot, c'est celui-là.
Malgré leurs expressions vernaculaires, ces francophones défendent le parler français comme de beaux diables. Pas à mieux-dire mais avec un anti-anglicisme de viet-cong.
Je suis toujours épaté de cette faction vengeresse en terre américaine. Là-bas on n'attaque pas la langue d'élection. A Montréal, il y a un ostracisme sur qui ne parle pas français.
En sol américanophone, je trouve ça déracinant. Au pays du hamburger, il y a la poutine Vladimir!.
Si le québecois n'est pas l'alter français, ce dernier n'a pas d'ego!
Cependant, mettons un bémol au panégyrique en se gardant bien de faire une généralité. A la table du barbecue, il y avait la présence éhontée de deux giant pot de sauce: l'une américaine, et l'autre symbole du repas réussi: la fameuse sauce Kraft barbecue. ' Le taiwanais ' m'avait affirmé l'index au ciel que sans cette fameuse sauce c'était pas l'fun du BBQ. En mon ame le Québec n'avait plus rien de libre...
J'ai eu beau lui expliquer qu'en mélangeant de la sauce soja vietnamienne au wasabi japonais tu arrives à un résultat similaire si ce n 'est supérieure à cette 'Kraft': pour lui rien n'inférait... question de fun, quoi!
Arno Baude

