Ecriture du pire genre block style lorsqu'en 3D (même qu'Espo-Revs irait se rhabiller); du wild wild style lorsqu'en cursive.
Je suis allé au cinéma à Rangoon, avec pour objectif le plein écran sur les sous-titres. Pirates of Caribbean 3 de Walt Dysney.
Film en V O N S-T!. Nulle part d'écriture vernaculaire. Pourtant que la montagne est belle comment peut-on s'imaginer que derrière un vol d'hirondelles le printemps vient d'arriver.
Les rideaux rouges s'ouvrent. En préambule à la séance, sur l'écran, série de petites annonces avec photos de l'intérieur du restaurant indien, de je ne sais quel sino-complot touristique de 30 étages encore. Après, un certificat birman à propos de la prod Walt Dysney qui se profile en pays anti-mickey, encadré au liseré old-school certifiant presque l'authenticité du diplôme.
Ensuite, un slogan:
ALL CiTiZENS PAY RESPECT TO THEiR NATiONAL FLAG.
Puis une standing ovation sur le drapeau du Myanmar en technicolor, je me suis même levé comme un gros con pris par l'élan collectif. Tous debout dans le cinéma jusque dans les loges, et il y avait affluence. Cela a duré cinq sec mais vla la dynamique d'ensemble.
Dans le film il y avait des asiats modelés à la façon prométhéenne méricaine créant des amalgames douteux: pure réification de béotiens. Des pirates d'un improbable Singapour de moyen-âge dans un bain turc de la baie d'Ha long avec des tatoos de dragons chinois sur les omoplates. L'empire du mal quoi!. Anachronisme puissance dix, géographie ethnocentrique, aire culturelle prêt-à-consommer sur celle d'un parking de supermarché: clichés trois-en-un: sujets tronqués. Exégèse vulgaire sur grand écran. Du grand spectacle.
Je sors de la séance et quel contraste. Je suis un peu déboussolé, où suis-je au fait? Tout le monde ou presque est en longyi, je suis le seul de type caucasien parmi les faciès indien et chinois. Au bout de l'avenue il y a la pagode dorée Sule, la grande focale down-town. Le quartier indien jouxte Chinatown.
On marche lentement, les gens promènent le quotidien, comblent la journée sans trop d'emploi du temps.
Je passe devant le Mogok Khine Jewellery Center où des militaires en camouflage postés au balcon et sur les trottoirs, protègent le marché des rubis.
Mogok est l'unique mine des rubis ultimes.
Rangoon, sur les trottoirs, rien n'est droit. Sur les trottoirs et partout, des éclaboussures brunes du bétel craché. Ici, il n'y a pas de banques, on me propose du change, le dollar pour 1250 kyats.
Rangoon, les façades néo-classiques anglaises se dégradent et s'enchainent du rouge à l'orangé, de l'ocre jaune au beige, du bleu medium à celui du ciel, du vert pomme au vert d'eau.
Dans le stupa de Shwe Dagon, Bouddha a les yeux rubis sang de pigeon,
On le prie aux quatre coins; devant un écran de télévision.
Des caméras le filment de son lieu de résidence surveillée.
Ainsi personne ne touche le prisme.
Le plus funky Bouddha, lost in space with an extra-terrestrial sight.
Who dares to go against
Him?
Il est sans rival jusque dans les bus qui roulent à la bonbonne.
