L'ethnocentrisme de Miss Cynik?
[...] de Ða&Da 4000 à Miss Cynik
Ða&Da 4000,
Ben c'est bien parce que je me concentre que j'en tire des conclusions : ici ça me plaît pas. J'arrive pas trop à mettre une explication là-dessus mais ma soif de découverte de l'autre est comme bloquée par une altérité incompatible avec la mienne. Je ne porte aucun jugement sur cette culture qui n'est pas la mienne, mais on a du mal à dialoguer. C'est tout.
Je commence à me dire que malgré tout, avant ça, je n'avais été immergée que dans des cultures latines, puis asiat'.
Ici, même modérément, même avec ses filles en mini-jupe parcourant Istiklal, même avec ses terrasses bindées de gens qui boivent des bières par demi-litres ou se saoulent au raký dans les resto à mezze, ça reste une culture musulmane.
Et faut croire que ça me va pas. Ça me parle pas.
Ces rapports hierarchiques à la limite de la caricature, ces rapports sociaux gouvernés par des témoignages dégoulinant d'affection non ressentie, le domaine amoureux dont les codes sont encore très marqués par les rivalités primaires des hommes entre eux, et des femmes entre elles, et de la jalousie entre les deux sexes... tout ça se tient et forme un tout cohérent, pas plus contestable qu'un autre, mais dans lequel j'évolue mal.
Si on ajoute à cela une ambiguité trompeuse, une apparente modernité (pas seulement apparente, d'ailleurs) mêlée à des pressions sociales et familiales très fortes, une mystique extrêmement complexe aux facettes multiples sur laquelle vient se greffer pour certains des superstitions d'un autre âge, si on ajoute une situation politique à laquelle je ne comprends pas grand-chose si ce n'est qu'on s'accroche à Atatürk comme à une bouée sans savoir vraiment réactualiser sa pensée, alors que d'autres profitent de cette nostalgie passéiste et désuette pour proposer du neuf, de l'action ( Tiens ça me rappelle un autre pays! ), on comprendra que je peux difficilement me positionner complètement en observatrice completement exterieure et que je peine à dialoguer, que l'envie m'en soit même passée.
La frustration meme de ne pas parler la langue disparaît meme presque completement. Je garde parfois un regard bienveillant sur cette culture dont je sens qu'elle ne m'integrera jamais, par mon incapacité à trouver le langage juste pour lui parler.
Parfois se produisent des petites satisfactions, me sont fournies quelques clés. Mais j'ai besoin d'encouragement, et je suis aussi turque d'apparence que je leur suis étrangère quand j'ouvre la bouche.
Et on a pas pour habitude d'encourager ce qui t'est étranger.
Je pourrais développer encore des heures et des heures, déméler un à un les fils de ce malaise, mais je n'en comprendrai jamais la trame.
Mystere.
Etranger.
Je regarde l'autre et je ne me reconnais pas. Moins qu'en regardant un Chinois.
T'embrasse, du fond de mon chaos.
Miss Cynik
Ða&Da 4000,
Ben c'est bien parce que je me concentre que j'en tire des conclusions : ici ça me plaît pas. J'arrive pas trop à mettre une explication là-dessus mais ma soif de découverte de l'autre est comme bloquée par une altérité incompatible avec la mienne. Je ne porte aucun jugement sur cette culture qui n'est pas la mienne, mais on a du mal à dialoguer. C'est tout.
Je commence à me dire que malgré tout, avant ça, je n'avais été immergée que dans des cultures latines, puis asiat'.
Ici, même modérément, même avec ses filles en mini-jupe parcourant Istiklal, même avec ses terrasses bindées de gens qui boivent des bières par demi-litres ou se saoulent au raký dans les resto à mezze, ça reste une culture musulmane.
Et faut croire que ça me va pas. Ça me parle pas.
Ces rapports hierarchiques à la limite de la caricature, ces rapports sociaux gouvernés par des témoignages dégoulinant d'affection non ressentie, le domaine amoureux dont les codes sont encore très marqués par les rivalités primaires des hommes entre eux, et des femmes entre elles, et de la jalousie entre les deux sexes... tout ça se tient et forme un tout cohérent, pas plus contestable qu'un autre, mais dans lequel j'évolue mal.
Si on ajoute à cela une ambiguité trompeuse, une apparente modernité (pas seulement apparente, d'ailleurs) mêlée à des pressions sociales et familiales très fortes, une mystique extrêmement complexe aux facettes multiples sur laquelle vient se greffer pour certains des superstitions d'un autre âge, si on ajoute une situation politique à laquelle je ne comprends pas grand-chose si ce n'est qu'on s'accroche à Atatürk comme à une bouée sans savoir vraiment réactualiser sa pensée, alors que d'autres profitent de cette nostalgie passéiste et désuette pour proposer du neuf, de l'action ( Tiens ça me rappelle un autre pays! ), on comprendra que je peux difficilement me positionner complètement en observatrice completement exterieure et que je peine à dialoguer, que l'envie m'en soit même passée.
La frustration meme de ne pas parler la langue disparaît meme presque completement. Je garde parfois un regard bienveillant sur cette culture dont je sens qu'elle ne m'integrera jamais, par mon incapacité à trouver le langage juste pour lui parler.
Parfois se produisent des petites satisfactions, me sont fournies quelques clés. Mais j'ai besoin d'encouragement, et je suis aussi turque d'apparence que je leur suis étrangère quand j'ouvre la bouche.
Et on a pas pour habitude d'encourager ce qui t'est étranger.
Je pourrais développer encore des heures et des heures, déméler un à un les fils de ce malaise, mais je n'en comprendrai jamais la trame.
Mystere.
Etranger.
Je regarde l'autre et je ne me reconnais pas. Moins qu'en regardant un Chinois.
T'embrasse, du fond de mon chaos.
Miss Cynik
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